À propos
Bouchra Ouizguen travaille au seuil : là où le corps s’ouvre à ce qui apparaît. Le mouvement, traversé de traces et de réminiscences, se mêle aux chants, aux musiques et aux silences. Seule sur scène, la chorégraphe cherche un espace de liberté, où l’effacement serait une forme de présence.
Qunfudh—« hérisson » en arabe, évoque un corps qui sait se replier autant que se déployer. Comme lui, être seule face au public, c’est se situer entre l’exposition et la protection. Dans ses pièces, Bouchra Ouizguen a souvent confié la figure du solo à celles et ceux qui se tiennent dans l’ombre. Aujourd’hui, elle s’y confronte elle-même. Mais le solo n’est jamais solitaire. Il rassemble des mémoires, des solitudes habitées et joyeuses, des danses passées et des figures qui ont compté. La lumière porte l’enfance dans le désert, les routes parcourues, des contes entendus. Des chants des montagnes Amazigh, le cante alentejano ou des musiques de pêcheurs de perles du Moyen-Orient, parfois relayés par le silence, modifient le mouvement. C’est le récit d’une artiste en perpétuelle transhumance, comme une réponse aux frontières et aux difficultés de circulation. Bouchra Ouizguen cherche un état de disponibilité où quelque chose peut surgir et tente, comme l’écrit le poète soufi Ibn Arabi, de « marcher librement entre le visible et l’invisible ».
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